Actualité Cpct Paris Rendez-vous clinique Psychanalyse Association

Les rendez-vous cliniques 2017


Les rendez-vous clinique-3

Téléchargez le bulletin d'inscription

"La direction du traitement bref"

Les rendez-vous clinique-2

"Deuxième rendez-vous Clinique"
Entretien avec Dominique Miller

Lire

Les rendez-vous clinique-1

Les rendez-vous cliniques

Télécharger l'argument

La direction du traitement bref:
deuxième Rendez-vous Clinique


2016 - La journée du CPCT-Paris


L’inconscient éclair, Temporalité et éthique au CPCT

Freud l’avait énoncé on ne peut plus clairement en son époque, l’inconscient ne connaît pas le temps : « Les processus du système Ics sont intemporels, c’est à dire qu’ils ne sont pas ordonnés dans le temps, ne sont pas modifiés par l’écoulement du temps, n’ont absolument aucune relation avec le temps1». Et Freud d’inviter l’analyste à ne pas tenir compte du temps, à « se comporter tout aussi hors le temps que l’inconscient lui-même s’il veut apprendre ou obtenir quoi que ce soit2».

Pour autant, la psychanalyse n’a jamais prétendu ne pas avoir à s’occuper du temps. Le dire, ce n’est pas simplement rappeler avec Lacan que celui qui entend faire œuvre de psychanalyse devra bien connaître « la spire où son époque l’entraîne »3. Il s’agit en effet surtout de rappeler que l’expérience analytique a partie liée avec le temps. La séance, n’en déplaise à ceux qui voudraient en maîtriser la durée, est avant tout « une manœuvre essentielle avec le temps »4.

En effet, la séance met en scène un autre temps que le temps diachronique, linéaire. Le temps de la réversion temporelle- qui va du futur vers le passé, qui soutient l’illusion du « c’était écrit », ce que Lacan a nommé le sujet supposé savoir- y est à l’œuvre. Aussi la séance analytique ne saurait se mesurer en minutes, comme une quantité. Elle est, au contraire, « un laps de temps tout à fait spécial où le sujet est amené à faire l’expérience pure de la réversion temporelle (…), où il s’agit qu’un rapport s’établisse avec la dimension hors temps de l’inconscient, cette dimension où, selon la définition de Freud, le passé n’existe pas, où l’on ne retrouve aucun des trois modes du temps –le passé, le présent, le futur-, cette dimension où, dans les termes de Freud, la catégorie même du temps ne s’applique pas »5.

Alors qu’il enjoignait ses collègues à ne pas tenir compte du temps, Freud ne s’interdisait donc pas –une fois le transfert installé - de manœuvrer avec le temps. Il en témoigne dans le récit qu’il fit de la cure de l’homme aux loups : « je fus obligé d’attendre que son attachement pour moi fût devenu assez fort (…) et (…) je décidai (…) que le traitement devrait être terminé à une certaine date, quelque avancé qu’il fût ou non alors »6.

En conséquence, on ne saurait taxer les cures dont le terme est fixé à l’avance de poursuivre une ambition thérapeutique « à courte vue ». Les praticiens qui opèrent dans les CPCT savent fort bien que, si le temps y est compté, il s’agit toujours de saisir dans la séance - « lieu prévu pour que s’y produise l’imprévisible »7 - les manifestations de l’inconscient, d’attraper la temporalité de celui-ci, qui est celle de l’éclair. Car l’inconscient « se manifeste toujours comme ce qui vacille dans une coupure du sujet8».

Comment l’analyste emploie-t-il donc le temps compté au CPCT ? Les cas de cette journée témoigneront, par delà les effets thérapeutiques, des effets psychanalytiques obtenus dans les CPCT.


[1] Freud, Sigmund, « L’inconscient », Métapsychologie, Paris, Editions Gallimard, 1968, p. 96.
[2] Freud, Sigmund, « Extrait de l’histoire d’une névrose infantile (L’homme aux loups) », Cinq psychanalyses, Paris, Presses Universitaires de France, 1993, p. 328.
[3] Lacan, Jacques, « Fonction et champ de la parole et du langage », Ecrits, Paris, Seuil, 1996, p. 321.
[4] Miller, Jacques-Alain, « L’Erotique du temps », Cause Freudienne n°56, p. 71.
[5] Ibid., p. 76.
[6] Freud, Sigmund, « Extrait de l’histoire d’une névrose infantile (L’homme aux loups) », op. cit.
[7] Miller, Jacques-Alain, « La nouvelle alliance conceptuelle de l’inconscient et du temps chez Lacan », Cause Freudienne n°45, p. 6.
[8] Ibid.

ICI UN VISUEL DES TEXTES DES JOURNEES 2016Lire la suite...
Les rendez-vous clinique-3

Téléchargez le plan


Les rendez-vous cliniques 2015-2016


Les rendez-vous clinique-3

Téléchargez l'argument

"Les trois temps du CPCT :
la consultation, le traitement et le moment de conclure"

Les rendez-vous clinique-1

Janvier 2016

"L'instant de voir, premier temps de la rencontre"
avec Philippe Lacadée

Les rendez-vous clinique-2

Avril 2016

" Un bricolage du
temps logique "
par Serge Cottet

Les rendez-vous clinique-3

PROCHAIN rendez-vous clinique

le 11 juin 2016

"COMMENT ÇA S'ARRÊTE ?"
Le moment de conclure
avec Guy Trobas


2015 - La journée du CPCT-Paris


Ça parle du corps

En quel sens la rencontre brève avec un psychanalyste au CPCT peut-elle permettre à un patient d'apercevoir quelque chose de la satisfaction pulsionnelle à l'œuvre au cœur de son symptôme ?
Pour désigner le lieu de la pulsion où la psyché s'articule au corps, Freud avançait le terme de ça. La configuration qu’il en donnait était celle du fond d’une " besace ", pour reprendre le terme de Lacan. Aussi, Lacan en affirmant que " le ça de Freud, c’est le réel "1, situera-t-il les pulsions non dans un lieu imaginaire fermé, mais sur un bord prenant appui sur un trait anatomique, notamment la bouche, l’anus, l’œil, l’oreille.
Si la pulsion est ainsi conceptualisée comme une coupure, Lacan l’articule d’abord aux signifiants de la demande, c’est-à-dire au symbolique pour la distinguer du pur besoin. C’est donc une jouissance sexuelle au joint du symbolique et du réel, hors corps, ce qui veut dire hors imaginaire.
De plus, après Freud, Lacan soulignera que la constance de la poussée pulsionnelle, Konstante Kraft, " interdit toute assimilation de la pulsion " une fonction biologique, laquelle a toujours un rythme "2. La pulsion ne connaît pas le temps, c’est une force constante.

Or, s’il faut du temps pour que les tours successifs de la demande cernent la jouissance en jeu dans le symptôme, il ne s'agit pas pour autant de “laisser se dérouler la pulsion dans son éternité "3. Dans Télévision, Jacques Lacan définissait le symptôme comme un nœud de " jouis-sens "4. Dans Une fantaisie, Jacques-Alain Miller affirme que " les symptômes sont symptômes-jouissance "5.
L¹enjeu de cette journée du Journée du CPCT-Paris est de démontrer qu'en un temps resserré, le désir de l'analyste permet d’orienter la cure, aussi brève soit-elle, vers ladimension de jouissance propre au symptôme dont le sujet se satisfait par les voies du déplaisir, c'est-à-dire en se donnant trop de mal. " Jusqu’à un certain point, c’est ce trop de mal, soulignait Lacan, qui est la seule justification de notre intervention6

Ce sont ces symptômes-jouissance qui mettent en jeu une exigence pulsionnelle que nous essaierons dʼexplorer. Il s'agit, peut-être le temps dʼun éclair que constitue le traitement au CPCT, de faire résonner dans la parole ce que Freud et Lacan appelaient le silence de la pulsion.


[1] Lacan J., Conférences et entretiens dans les universités nord-américaines, Scilicet 6/7, Seuil, Paris, 1976, p. 40.
[2] Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Seuil, Paris, 1973, p. 150.
[3] Mahjoub L. « La séance courte », in Un réel pour le XXIème siècle, Scilicet, Collection rue Huysmans, E.C.F., Paris, 2013, p. 316.
[4] Lacan J., Télévision, Autre écrits, Seuil, Paris, avril 2001, p. 517.
[5] Miller J.-A., « Une fantaisie », Mental n° 15, Nou velle Ecole Lacanienne, février 2005, p. 26.
[6] Lacan J., Le Séminaire, livre XI, op. cit., p. 152.

Les journées du CPCT-2015
Lire la suite...

Les rendez-vous cliniques 2014-2015


Les rendez-vous clinique-3

Téléchargez l'argument

"Demande, pulsion et fantasme : diverses modalités de l’objet en psychanalyse"

Les rendez-vous clinique-2

mars 2015

La pulsion, forme supérieur de la demande, avec Philippe La Sagna

Les rendez-vous clinique-3

décembre 2014

Tours et dessous de la demande au CPCT-Paris, avec Hélène Bonnaud